Interview de Simon, photojournaliste

Publié le 11 décembre 2020 à 15h08

Simon Lambert est aujourd’hui photojournaliste. De Paris à Abbeville, il y a un train que Simon prend une fois par semaine pour mener le projet Dialogue(s) au Soleil Levant initié par l’association Télé Baie de Somme & l’Espace Ressource de l’APAP (Association Picarde d’Action Préventive). Ce Dialogue(s) au Soleil Levant s’inscrit en lien avec le projet de rénovation urbaine qui débutera  au cours de l’année 2021.

Nous rencontrons, ce mercredi 28 octobre, Simon, entre deux portes, au cours d’un atelier où il revient sur son envie d’accompagner en photo la mémoire des habitants.

Tout d’abord, j’ai changé de métier dans ma vie. J’ai d’abord été ingénieur du son. Je m’occupais du son sur des concerts, du théâtre, de l’événementiel… et à 30 ans, à peu près, j’ai eu d’autres envies, d’autres attentes et j’ai donc changé de métier. Je suis reparti à l’école et je suis devenu photojournaliste.

Et bien maintenant avec mon nouveau savoir faire, je fais du reportage, du portrait principalement pour la presse française. Je couvre l’actualité globale, politique, économique… Mes sujets de prédilection et les thèmes qui m’intéressent : la jeunesse, le territoire rural, les questions de santé.

Alors, je me suis perdu parce que déjà moi je viens du sud-ouest. Alors Abbeville, c’est loin ! Je ne savais pas le mettre sur une carte. Enfin, jusqu’à il y a peu de temps.

Je suis venu accompagner un projet artistique et d’éducation populaire auprès d’habitantes principalement et d’un habitant du quartier du Soleil Levant et des Bouleaux Platanes. Un quartier d’Abbeville qui va avoir droit à un gros projet de rénovation urbaine sur les années qui viennent et l’idée c’était de laisser les habitantes et les habitants du quartier s’exprimer en photo. On les équipe d’appareils photo et ils doivent documenter le présent du quartier autour d’un projet sur le passé, le présent et le futur.

Ils ne sont pas venus d’eux mêmes. C’est une partie dont s’est chargé Laurent Lapo de TBS qui est le contact, le référent du projet sur le quartier. Il a fait un gros, gros, travail de terrain et de recrutement des gens. Il a fallu savoir qui ça pouvait intéresser et trouver des gens qui ont de la mémoire sur le quartier, des nouveaux habitants… Avoir des profils diversifiés.

On a vu rapidement qu’il y a 90% de femmes qui ont répondu présentes et qui sont là et motivées. Nous avons démarré il y a un mois et demi. Je suis venu une fois par semaine. L’équipe est en plein processus de création.

La mixité n’est pas de genre mais d’âges de la trentaine à la cinquantaine. On a des jeunes habitants du quartier qui habitent là depuis 1 an ou 2 ans. Et des gens qui là depuis 20 – 30 ans et qui ont grandi dans le quartier.  Il y une diversité d’origines. Après, nous sommes dans un quartier d’habitat HLM et populaire donc en terme de mixité sociale, il n’y en a pas trop.

Donc toutes ces personnes ont une énorme mémoire sur ce qu’était le quartier d’avant.

  

Je ressens une énorme richesse d’idées et de création. Une grosse envie. Elles sont présentes, elles sont là chaque fois. C’est hyper enthousiasmant.

Pour moi en tant que photographe professionnel, de voir qu’elles ont plein d’idées. Elles ont une grande liberté que nous, les professionnels, on n’a pas forcément tout le temps. On est souvent formaté par le métier.  Du coup, elles m’amènent une grande bouffée d’air dans la pratique. 

En fait, les deux. Elles ont déjà une idée assez établi de ce qu’est leur quartier actuellement et ce qu’il était avant et de ce qu’il a perdu en termes de convivialité, de travail associatif, de richesses des rapports humains… Elles ont un grand manque par rapport à ça. Elles ont des idées pour parler de leur quartier en photographie. Il faut un peu les guider et ça aussi c’est mon boulot. Comment concrètement partir d’une idée intellectuelle à une idée photographique.

Ce projet a plusieurs phases. Une phase globale, qui est censée finir avec un web-documentaire et ça va prendre pas mal de temps. Là, la première étape c’est un rendu photo en décembre avec surement une exposition dans le quartier des travaux photo de participantes.

Infos

Auteur : TBS

Année : octobre 2020

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